Infos d'Avril 2010 !

1- Lettre de soutien au professeur Gilles-Eric Séralini et ses collègues .


Pour la signer en tant que non-chercheur:
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1807&id_article=1807&debut_signatures=50&var_confirm=wTBQB8Vg#sp1807


(descendre en bas de la page pour signer (case  "signature"))



2- Un nouveau séisme frappe Haïti : Monsanto !


Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a fait des heureux. La multinationale Monsanto va « offrir » aux paysans haïtiens un cadeau empoisonné : 475 tonnes de semences O.G.M., sans compter leurs engrais et pesticides, qui seront distribués gratuitement par le projet WINNER, soutenu par l’ambassade américaine. On croit rêver.


Les Haïtiens savent-ils que c’est Monsanto qui fabriquait le défoliant, dit « agent orange », utilisé par les bombardiers américains pendant la guerre du Vietnam, et qui a empoisonné tant de soldats américains et de civils vietnamiens ?
Les Haïtiens savent-ils que ces semences sont rejetées comme dangereuses dans beaucoup de pays ? Elles viennent souvent en kit où les semences sont accompagnées d’un herbicide de Monsanto appelé « Roundup », qui contient du glyphosate. Dans ma Bretagne natale, ce produit chimique est dénoncé comme polluant les nappes phréatiques. Comble d’imposture, Monsanto présente le « Roundup » comme biodégradable. Ce qui lui vaut un procès intenté par le service de répression des fraudes de Lyon.
Aux U.S.A., une agence fédérale veille sur les questions d’environnement : l’E.P.A. (Environmental Protection Agency). Or, une ancienne dirigeante de Monsanto, Linda Fischer, vient d’être nommée directrice de l’E.P.A. C’est comme si on mettait une chatte à veiller sur la santé des souris !
Monsanto a déjà commencé à distribuer des semences O.G.M. de maïs dans les régions de Gonaïves, Kenscoff, Pétion-Ville, Cabaret, Arcahaie, Croix-des-Bouquets et Mirebalais. Bientôt, il n’y aura plus que des semences Monsanto en Haïti. Adieu l’indépendance agricole ! Au Brésil, Monsanto vient d’investir 550 millions de dollars pour fabriquer sur place son dangereux herbicide Roundup, dans le nord-est de l’Etat de Bahia. Heureusement, ce pays semble résister à la multinationale.
Monsanto présente ce « don » aux paysans haïtiens comme une aide généreuse. Mais, pour avoir le droit de resemer après, il faudra payer chaque fois des droits à Monsanto. Signalons que le directeur des opérations en Haïti n’est autre que Jean-Robert Estimé, un ancien ministre des affaires étrangères de Duvalier. Monsanto + Duvalier : un beau duo !
Rennes, le 10 mai 2010, anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France


P. Jean-Yves Urfié, spiritain


Ancien professeur de chimie au Collège Saint Martial, Port-au-Prince (Haïti)


3-

Bayer AG, le géant des produits pharmaceutiques et chimiques, a admis qu’il n'y a aucun moyen d'arrêter la propagation incontrôlée des cultures génétiquement modifiées.

Original : www.naturalnews.com/028585_GMOs_Bayer.html
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

 


      « Même les meilleures pratiques ne peuvent garantir la perfection, �� a déclaré Mark Ferguson, avocat de la défense de la compagnie lors d’un procès récent.


      Deux agriculteurs du Missouri ont poursuivi Bayer pour contamination de leurs cultures par les gènes modifiés d'une souche expérimentale de riz transformées pour être résistante à l'herbicide de marque Liberty de la compagnie. La contamination a eu lieu en 2006, lors d'un essai en plein champ du nouveau riz, qui n'a pas reçu d’homologation pour la consommation humaine. Selon Don Downing, l'avocat des plaignants, le matériel génétique du riz non autorisé a contaminé plus de 30 pour cent de toutes les terres de cultures de riz aux États-Unis.


      « Bayer était censé être prudent, » a déclaré Downing. « Bayer n’a pas pris de précautions et le riz s’est dispersé dans nos réserves de riz commercial. »


      Les plaignants allèguent que, en plus de contaminer leurs champs, Bayer leur a fait davantage de tort financièrement en sapant leur marché d'exportation. Lorsque le ministère étasunien de l'Agriculture a annoncé la contamination généralisée du riz, les grands marchés d’exportation ont été fermés aux producteurs étasuniens. Un rapport de Greenpeace International estime que le préjudice financier de la contamination se situe entre 741 millions et 1,3 milliards de dollars.


      Bayer a affirmé qu’aucun moyen possible n’aurait pu empêcher la contamination, insistant sur le fait qu’elle a suivi non seulement la législation, mais aussi les meilleures pratiques de l’industrie [sic, ndt]. Pas d’accord, le jury trouve que Bayer est coupable de négligence dans la manipulation des cultures génétiquement modifiées. La compagnie a été condamnée à payer 2 millions de dollars aux agriculteurs Kenneth Bell et Johnny Hunter.


      Hunter a déclaré : « C'est une victoire immense, non seulement pour Kenny et moi, mais aussi pour chaque agriculteur des États-Unis ayant été lésé par la contamination du riz LibertyLink de Bayer. »


      Selon Hunter, la compagnie a récolté « le coup de semonce qu'elle méritait. »


      La compagnie Bayer est encore poursuivie par plus de 1.000 autres agriculteurs des États du Missouri, Arkansas, Louisiane, Mississippi et Texas.


4-

Malgré l’annonce de Monsanto en  avouant l’échec du coton BT en Inde, le Burkina va étendre sa production de coton tyransgénique.
Lorsque d'un côté il y a panique à bord l'on va naviguer dans d'autres eaux pour faire avaler la pillule et pouvoir exploiter au maximum sur le dos des agriculteurs leur crédulité; n'ayant pas comme en europe en majorité internet pour être au "parfum" des échecs de Monsanto.

Le Burkina va étendre sa production de coton transgénique

(d'après AFP - 26/03/10)

Le Burkina Faso, premier producteur de coton en Afrique subsaharienne, va encore augmenter ses surfaces ensemencées en coton transgénique en 2010. En deux ans, il a multiplié par quinze sa surface de coton transgénique

« Nous allons faire 95% des superficies en coton BT en 2010 et 5% en coton conventionnel. C'est ce que nous avons prévu avec les chercheurs et avec Monsanto », a déclaré le directeur général de la Société des fibres et textiles du Burkina (Sofitex), Célestin Tiendrébéogo.
>
> En 2009, le Burkina a ensemencé le coton sur une superficie de 399.634 hectares produisant 532.248 tonnes de coton graines. En deux ans, il a multiplié par quinze sa surface de coton transgénique passant de 8.500 hectares en 2008 à 130.000 hectares en 2009. La Sofitex, première des trois sociétés cotonnières du pays a à elle seule produit 370.000 tonnes dont 123.000 tonnes en coton transgénique.
>
> En 2002, le Burkina a entrepris des recherches sur le coton génétiquement modifié grâce à la firme américaine Monsanto pour lutter contre les ravageurs et réduire l'usage des pesticides. Mais c'est en 2008 que le pays s'est véritablement lancé dans la vulgarisation du coton génétiquement modifié.
>
> Selon Burkina biotech association (BBA), une association favorable à la promotion de la biotechnologie, le Burkina est le 13e au monde en terme d'augmentation de superficies en coton OGM devant l'Espagne (14e) et le Mexique (15e) mais derrière l'Australie (12e) ou encore l'Afrique du Sud (8e).


5-

En Chine, un coton transgénique provoque une infestation imprévue de punaises

lemonde


e constat est pour le moins paradoxal : la mise en culture d'un OGM insecticide peut accroître considérablement les populations de certains ravageurs. Dans six provinces de Chine septentrionale, des agronomes chinois documentent, pour la première fois à grande échelle, ce type de réaction d'un agro-écosystème au remplacement d'une culture conventionnelle par une culture transgénique.

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Paradoxaux à première vue, ces résultats, publiés vendredi 14 mai dans la revue Science, ne sont pourtant pas totalement surprenants. Le coton Bt - modifié pour produire la toxine Bt (Bacillus thuringiensis) - est en effet si efficace sur son principal parasite local, une petite noctuelle (Helicoverpa armigera), qu'il en réduit considérablement les populations et permet à une niche écologique de se libérer. "Or, quand on libère une niche écologique, il est attendu qu'elle soit réoccupée, explique Denis Bourguet, chercheur (INRA) au Centre de biologie et de gestion des populations (CBGP). La nature, en somme, a horreur du vide."

Or, dans les six provinces chinoises surveillées par Kongming Wu (Institut pour la protection des plantes, Pékin) et ses collègues, les taux d'infestation par des miridés - des insectes hétéroptères de la famille des punaises - ont progressé à mesure que l'OGM gagnait du terrain. Les observations, menées tout au long de la dernière décennie, montrent un lien univoque entre les surfaces plantées en coton Bt et les taux d'infestation par les miridés. Le coton Bt lui-même en est victime, mais aussi et surtout les autres cultures pratiquées alentour (raisin, pomme, poire, pêche, etc.). Les changements de pratiques agricoles sur les quelque 3 millions d'hectares de coton (désormais à 95 % OGM) ont donc un impact sur les 26 millions d'hectares des autres exploitations.

"En Chine, les miridés ont été historiquement considérés comme un ravageur mineur pour l'essentiel des cultures, n'apparaissant qu'à des niveaux de population relativement faibles, et les agriculteurs n'ont eu besoin de les contrôler que sporadiquement", écrivent les chercheurs. Cependant, précise Kongmin Wu, principal auteur de ces travaux, "ces résultats indiquent qu'il va falloir établir une stratégie de lutte contre les -ravageurs secondaires comme les miridés".

"Sources de miridés"

L'occupation d'une niche écologique laissée vacante n'est qu'un des aspects de la récente prolifération des miridés en Chine du Nord. La culture de coton conventionnel nécessitait l'utilisation de pesticides chimiques actifs non seulement contre la noctuelle, mais aussi contre toute une gamme -d'insectes, dont les miridés. "Auparavant, les champs de coton conventionnel agissaient comme des "puits" pour les miridés, en ce sens que ceux-ci y étaient détruits par les traitements, or la toxine Bt ne les cible pas, explique M. Bourguet. Du coup, avec la forte réduction des traitements insecticides, les champs de coton Bt sont devenus des "sources" de -miridés."

De telles études, menées sur dix ans et à l'échelle d'un territoire vaste comme la France, sont très rares. D'importants travaux, engagés à la fin des années 1990 aux Etats-Unis, avaient eu pour objet d'évaluer les effets de cultures Bt sur le papillon monarque (Danaus plexippus), non ciblé par cette -toxine.

Publiée en octobre 2001, la synthèse de ces recherches avait conclu à l'absence de risques sérieux. Mais, comme le montrent les chercheurs chinois, les risques posés par le Bt peuvent s'avérer liés à la prolifération inattendue d'espèces non ciblées, plutôt qu'à leur destruction...

Ces risques remettent-ils en cause l'utilité du coton Bt ? Les travaux présentés n'évaluent pas l'avantage - ou l'inconvénient - économique du déploiement de l'OGM dans cette vaste région. Comment et à quel prix les quelque 10 millions de petites exploitations de la zone gèrent-elles l'accroissement des populations de miridés ? Le bénéfice sur l'exploitation du coton a-t-il en définitive été "effacé" par les dégâts occasionnés sur les autres cultures ? Ces questions demeurent en suspens.



S. Foucart

Article paru dans l'édition du 15.05.10



6-

http://www.mediapart.fr/club/blog/sebastien-portal/250410/ogm-l-etude-russe-qui-pourrait-deraciner-une-industrie



7-

La nature a « inventé » une plante qui résiste aux OGM, à Monsanto et au Roundup !

Nous voulons parler de la consoude, bien sur.
La consoude est une plante relativement peu connue, en France, mais elle possède des propriétés très intéressantes et qui peut être utile à plus d’un titre.
  • Alimentation des animaux : c’est la plante qui produit le plus de protéines à l’hectare.
  • Fabrication d’engrais naturels : compost, mulch, purin…
  • Alimentation des abeilles : plante très mellifère.
  • Et éventuellement alimentation humaine
Alors la consoude est elle :
  • Une mauvaise herbe ?
  • Une plante géniale souvent appelée « le trésor du jardin » ?
  • Ou une plante diabolique qui défie les OGM, les pesticides, le roundup et Monsanto ?
Et c’est ici que notre question initiale la consoude plante anti-roundup prend tout son sens !

La consoude peut devenir le cauchemar des pro-OGM et des agriculteurs trop productivistes qui oublient parfois le respect de la nature.

Ainsi, actuellement, dans quelques parcelles de soja ou de maïs OGM aux USA et au Canada se développe la consoude rugueuse (symphytum asperum) très difficile à éliminer. Elle se multiplie par dissémination des graines d’une part mais aussi par multiplication des racines découpées lors des travaux du sol.
Et oui la consoude rugueuse résiste au glyphosate c’est-à-dire à la matière active du roundup, ainsi d’ailleurs qu’aux autres désherbants et débroussaillants.
Depuis des années des chercheurs d’Amérique du Nord (USA et Canada) s’affairent pour trouver des solutions pour venir à bout de cette « maudite mauvaise herbe »
Après plusieurs années de recherche, des chercheurs américains considèrent avoir trouvé des solutions qui permettent non pas d’éliminer mais de limiter l’infestation des champs par cette mauvaise herbe.
Imaginez la « solution »
  • Il faut, pour au moins quelques années, arrêter l’utilisation de graines OGM dans les champs infestés !
  • Il faut implanter une culture qui ne nécessite aucun travail du sol pour éviter la dissémination par « découpage » des racines.
  • Et, bien sur, il faut multiplier le nombre d’applications, et les dosages de désherbants !
A votre avis qui profite de ces solutions ?
  • Certainement pas l’agriculteur qui doit multiplier les traitements pour un résultat non garanti
  • Certainement pas les pouvoirs publics qui ont du financer ces recherches.
  • Alors qui ? Peut être une société produisant et commercialisant sur toute la planète un désherbant bien connu.
En France nous ne connaissons pas pour le moment ce problème puisque la diffusion de semences OGM « Ready- Roundup » n’existe pas. Mais La consoude peut néanmoins poser des problèmes à certains agriculteurs peu respectueux de la nature.
Ainsi, en Bretagne, quelques agriculteurs, très rares pour le moment, demandent aux ingénieurs agronomes et aux techniciens agricoles quelle est cette mauvaise herbe qui se développe dans les champs cultivés en maïs, sans interruption, pendant plus de 10 années.
Les anciens savaient qu’il faut composer avec la nature et que l’assolement est primordial !
10 années de maïs accompagnées de 10 années de désherbage chimique intensif et voila qu’une plante dit Non et RESISTE : C’est la consoude.
La vie est complexe et réserve des surprises.
La consoude est elle une mauvaise herbe ou une plante miracle ?
Pour nous c’est une plante véritablement très utile.
Plantez de la consoude bocking 14 dans votre jardin, bichonnez là, cette plante va vous permettre de produire votre propre engrais pour les 30 années à venir !
Vous allez vous aussi devenir un jardinier autonome, économe et si le mot ne vous gène pas : très productif (nous n’avons pas dit productiviste !)
Mais attention, ne plantez pas dans votre jardin de la « consoude sauvage », vous risquez d’être envahis et de ne pas savoir comment vous en débarrasser.
Pour en savoir plus sur la consoude visitez le site de B-actif : http://www.b-actif.com/fr


8-

La société Limagrain développe son blé transgénique en Argentine,  espérant l'imposer ensuite au reste du monde.
 
 *De quoi se faire du blé*
 
 En janvier, la multinationale française Limagrain a signé un accord de
 coopération avec un grand producteur de céréales argentin pour
 développer la culture du blé dans un pays qui est déjà le plus gros
 producteur des nations sud-amé­ricaines. À l'occasion de la signature de
 cet accord, le représentant de la société, Alain Perrin, a déclaré:
 
 « /Les responsables de notre entreprise croient à la génétique et
 particulière­ment aux cultures transgéniques, même si nous savons que la
 route est longue, cinq ans dans le meilleur des cas, car il faut vaincre
 la réticence des marchés et la résistance des importa­teurs. [...] Nous
 ne visons pas le court terme, mais le monde aura de plus en plus besoin
 de blé et il s'agit d'une culture qui se développera au fur et à mesure
 que nous disposerons des technologies adéquates. Quand nous les aurons,
 elles seront plus attractives pour les agriculteurs. A un moment ou à un
 autre, la technologie l'em­portera, et cela grâce aux modifica­tions
 génétiques. »/
 
 *Dans une Argentine qui étend *sans cesse ses surfaces consacrées au
 maïs et surtout au soja transgéniques, cet accord réjouit évidemment le
 lobby agro-industriel. Malgré les protesta­tions des éleveurs, qui
 voient diminuer les espaces disponibles pour l'élevage extensif, ce qui
 entraîne une aug­mentation (près de 50 % par rapport à 2009) du prix de
 la viande, aliment « sacré » pour les Argentins. Malgré les
 protestations, aussi, des ouvriers agricoles, des habitants des villages
 et des petits agriculteurs qui se plaignent de maladies provoquées par
 la dispersion des pesticides et des her­bicides (Roundup). Des
 scientifiques argentins remarquent également que, dans certains champs,
 surgissent des plantes résistantes à tous les herbicides, ce qui conduit
 les responsables des exploitations à augmenter chaque année les doses
 épandues.
 
 *Mais les contestations *ont du mal à atteindre l'opinion publique parce
 que les milieux agro-industriels contrô­lent une grande partie de la
 presse écrite et des chaînes de télévision. Ne serait-ce que par le
 poids de la publi­cité. Limagrain, qui opère déjà dans une trentaine de
 pays, n'a donc pas choisi l'Argentine au hasard. Elle entend faire de ce
 pays sa tête de pont pour développer le blé transgénique. Celui-ci n'est
 pour l'instant autorisé nulle part dans le monde, les demandes de
 Monsanto ayant été partout rejetées. Limagrain, avec l'ap­pui du
 gouvernement libéral-conser­vateur de l'Argentine, qui lui semble
 acquis, compte donc développer ses blés OGM dans le pays et mettre ainsi
 le reste du monde devant le fait accompli au cours des cinq prochaines
 années, après les premières moissons, dont le représentant de la firme a
 expliqué qu'elles feraient la preuve que ce /« blé sera efficace pour
 faire face à la sécheresse, aux températures extrêmes, et pour la lutte
 contre les maladies et les insectes »./
 
 Claude-Marie Vadrot
 
 *En Amérique du Sud, le soja Roundup-Ready s'affiche sans honte *
 
 /Politis 29 avril 2010/



9- 

Madère, première région légalement sans OGM de l’UE


> par Christophe Noisette, mai 2010  
> Madère [1] est depuis début mai 2010 la première région européenne à « obtenir » l’autorisation officielle de la Commission européenne de se déclarer "zone sans
OGM  . Il ne s’agit pas comme pour la France, ou l’Autriche de la mise en place d’une clause de sauvegarde sur un OGM particulier, mais bel et bien d’une interdiction totale
et sans limite temporelle des cultures commerciales sur le territoire de cette province autonome du Portugal.
> La Commission n’a pas réellement autorisé Madère : elle s’est contentée de ne pas s’opposer à cette décision dans les délais administratifs impartis... Le Portugal avait
argumenté, pour soutenir sa province « africaine » (Madère est située à 500 kilomètres des côtes marocaines) que les OGM pouvaient potentiellement menacer la biodiversité
de l’île et notamment sa forêt laurifière subtropicale classée patrimoine mondial par l’Unesco [2].
> Rappelons également que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) avait, début 2010, établi que l’argumentation portugaise n’était pas fondée
scientifiquement. La Commission n’a pas suivi l’avis de l’AESA et a laissé la décision de Madère devenir légale sans intervenir...
> Ce changement de politique est notoire et il y a fort à parier que le cas de Madère soit la première concrétisation de la proposition de la Commission européenne de
mettre en place une subsidiarité des autorisations   à la culture des plantes transgéniques. Inf’OGM va proposer une analyse   détaillée de cette proposition à double
tranchant, car si elle augmente la liberté des Etats membres sur les cultures de PGM, elle risque aussi de faciliter les importations d’OGM dans l’UE, notamment en
permettant la fameuse synchronisation des autorisations   entre l’Europe et le reste du monde dont la Commission rêve depuis le conflit à l’OMC...
>
>  
>  
>
> [1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mad%C3%A8re 
> [2] http://whc.unesco.org/fr/list/934



10-

Les arrêtés anti-OGM sont possibles « Lancer le débat »

Publié le samedi 03 avril 2010 à 11H00


Patrick Duflot : « Respecter le principe de précaution ».

LA campagne d'affichage des anti-OGM, difficile d'y échapper si l'on passe sur la RN 44 direction Reims.
« Comme la météo est encore un peu juste pour jardiner toute la journée, nous avons du temps pour fabriquer et planter nos pancartes », glisse avec un sourire Patrick Duflot, un des membres du collectif anti OGM, « mais ce qui nous intéresse aussi est de réagir au débat du dernier conseil municipal de Laon. »


Dans la restauration scolaire


Lors de cette réunion de l'équipe municipale et de l'opposition, un mini-débat sur les aliments OGM dans la restauration scolaire avait eu lieu (l'union du 24 mars). Ce jour-là, Brigitte Fournié-Turquin, conseillère municipale écologiste, avait émis un v½u. Que le maire et son adjoint Éric Delhaye n'avaient pas voulu suivre.
« Nous sommes un peu consternés par la réaction d'Éric Delhaye, alors que lui-même semblait désolé par l'autorisation de culture OGM par la commission Barroso », explique Patrick Duflot, « lorsqu'il indique : "Le péril imminent, nous n'en sommes pas là". Une curieuse logique que d'entendre l'imminence d'un péril pour réagir ! Pendant ce temps, les semenciers fourbissent leurs graines. Terminés les beaux discours, on rentre dans le rang, les actes ne suivent pas les belles paroles. »

Membre du collectif anti-OGM, Patrick Duflot va plus loin : « On dit pourtant que gouverner c'est prévoir, anticiper ; que mieux prévenir vaut mieux que guérir. »
Il revient sur la prise d'arrêté : « D'autres l'ont fait et obtenu gain de cause devant le tribunal administratif contre le préfet de leur secteur. Dans le Gers, c'est exactement ce qui s'est passé. Cela sert donc à quelque chose. »
La validité de l'arrêté anti-OGM pris par le maire de Mouchan, dans le Gers, a été reconnue par la justice.
« La grande majorité des citoyens est opposée aux cultures OGM et que ce n'est ni aux politiques, ni aux lobbies de l'agrochimie de nous imposer une alimentation », rappelle le militant, « et les risques écologiques et sanitaires qui en résulteraient. C'est un total mépris du citoyen consommateur. »
Par contre, il précise la position des anti sur les OGM : « Nous ne sommes pas des obscurantistes, anti-OGM à tous crins. Nous demandons le strict respect du principe de précaution, à savoir des études sérieuses, réellement indépendantes des semenciers et politiques, dans la durée. Qu'aucun essai et culture ne soient réalisés en plein champ. »

Stéphane MASSÉ


11-

Communiqué de presse du MDRGF : Grenelle 2 : le gouvernement se couvre de honte en défendant des positions dictés par les lobbies des pesticides !


Grenelle 2 : le gouvernement se couvre de honte en défendant des positions dictés par les lobbies des pesticides !
La soirée du vendredi 7 mai restera dans les annales. En effet, alors que les discussions du Grenelle 2 touchaient à leur fin, le gouvernement refusaient des amendements pourtant essentiels pour préserver un bon niveau de protection par rapport aux pesticides.

Quand la santé vaut moins que l’économie. Tout d’abord, vers 22h30, le gouvernement , par les voix de Ch. Jouanno et de JL Borloo, a refusé de soutenir des amendements de M Peiro et Cochet demandant le retrait de dispositions de l’article 36 bis A assujettissant la restriction ou le retrait d’un pesticide à « une évaluation des effets socio économiques », en plus des évaluations sur l’efficacité et sur les impacts sanitaires et environnementaux….Malgré un débat acharné, cet amendement 36 bis A a été adopté !

Il s’agit là d’un véritable scandale car cette disposition vise à restreindre la possibilité de retirer l’homologation d’un produit phytosanitaire alors même qu’on pourrait par ailleurs avoir montré sa dangerosité. Il s’agit de ne plus faire du manque d’innocuité sanitaire ou environnementale ou d’efficacité d’un pesticide des critères permettant seuls d’obtenir son retrait. Il faudra en plus maintenant évaluer les éventuels effets socio-économiques négatifs ! La santé humaine et l’environnement pourront bien passer au second plan ! On reconnaît là la volonté de N. Sarkozy déclarée au dernier salon de l’agriculture de passer toutes les politiques environnementales par un filtre d’analyse socio-économique.

Une régression nette. Cette disposition est purement inadmissible et constitue une régression vers une situation jamais vue en France et bien pire que celle qui prévalait en 2007 avant le Grenelle ! En plus elle est contraire à la directive européenne sur les pesticides 91/414 en vigueur, qui ne prévoit pas une telle évaluation socio économique préalable à un retrait d’homologation et contraire également au règlement CE N o 1107/2009 qui s’appliquera dès 2011. En conséquence, le MDRGF fera tout pour faire reconnaître la non-conformité de l’article 36 bis A du Grenelle 2 aux dispositions des textes européens !

Comment réduire les pesticides en faisant leur pub ? Pour compléter le tableau d’une soirée catastrophique, le gouvernement à ensuite soutenu l’article 40 dans sa rédaction modifiée par le Sénat autorisant la publicité pour les pesticides à usage des non professionnels. L’article 40 va donc permettre aux firmes de continuer à faire de la pub pour les pesticides dans les revues, alors que la version initiale du gouvernement prévoyait pourtant une interdiction. Cette disposition, dictée directement par les fabricants de pesticides et par des distributeurs va juste aider …à maintenir la consommation de pesticides des jardiniers à un haut niveau, ce qui est le contraire de l’objectif de réduction de l’usage des pesticides du Grenelle.

« Le gouvernement vient de se couvrir de honte en cédant aux lobbies agrochimiques des dispositions qui vont permettre le maintien sur le marché de pesticides dangereux et vont inciter les jardiniers à utiliser beaucoup de pesticides» déclare François Veillerette, porte parole du MDRGF. «Sur cette questions des pesticides on peut dire que l’esprit du Grenelle est mort ce vendredi 7 mai au soir à l’Assemblée Nationale. Mais que le gouvernement ne s’illusionne pas : nous allons maintenant passer à l’offensive après ces provocations» ajoute t’il

 

 


Grenelle 2: l'Assemblée refuse d'interdire les insecticides dangereux pour les abeilles
Grenelle 2: l'Assemblée refuse d'interdire les insecticides dangereux pour les abeilles

(AFP) –PARIS
L'Assemblée a refusé vendredi soir, dans le cadre du Grenelle 2, d'interdire la mise sur le marché des insecticides dangereux pour les abeilles, comme le Gaucho ou le Cruiser.

La proposition du député Verts Yves Cochet, soutenue par l'opposition de gauche, d'interdire ces insecticides "neonicotinoïdes", a été repoussée lors de la partie du projet Grenelle 2 consacrée aux produits phytosanitaires.

Yves Cochet a rappelé, en vain, que les acteurs de la filière apicole et "les scientifiques du monde entier ont unanimement accusé ces insecticides de porter de graves préjudices aux colonies d'abeilles et de mettre en péril la production de miel".

Les opposants à l'interdiction ont mis en avant "l'incompatibilité avec le droit communautaire".

Par ailleurs et d'une façon plus générale, le texte voté en séance prévoit que le retrait du marché français d'un produit contenant "une substance active autorisée au niveau européen" ne pourra se faire qu'après l'avis scientifique de l'AFSSA (agence française de sécurité sanitaire des aliments) et "une évaluation des effets socio-économiques et environnementaux" de ce retrait.

Les députés Verts et l'opposition de gauche, le socialiste Germain Peiro en tête, se sont battus en vain contre ces dispositions qualifiées de "recul" devant les engagements du Grenelle de l'environnement.

Un des engagements du Grenelle de l'environnement est de réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici 2018.

Le ministre de l'Environnement Jean-Louis Borloo a défendu les progrès accomplis par exemple en matière d'encadrement des produits phytosanitaires.

Il a en outre dénoncé "une des dernières tentatives du PS pour ne pas voter le Grenelle 2".


Face aux tentatives de négations des dangers des pesticides, plus que jamais pour poursuivre notre action d'information et de contre pouvoir indépendant nous avons besoin de vous !

Vous pouvez soutenir le MDRGF !


Sur le même sujet
Rue 89,Tribune:MC Blandin

http://www.rue89.com/2010/05/04/linvraisemblable-rapport-parlementaire-sur-les-pesticides-150113

 

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