Gros sur la patate !!!

La Commission européenne autorise la commercialisation d'OGM

02.03.10 |


http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/02/la-commission-europeenne-s-a
pprete-a-autoriser-la-
commercialisation-d-ogm_
1313163_3214.html

La Commission européenne a autorisé, mardi 2 mars, le commerce de plusieurs
organismes génétiquement modifiés (OGM). Les autorisations concernent la
culture de la pomme de terre Amflora, mise au point par la firme BASF, ainsi
que plusieurs variétés du maïs MON 863.

La mise sur le marché européen des produits transgéniques est bloquée depuis
plusieurs années par les avis divergents des Etats européens sur
l'opportunité de recourir à cette technologie.

Les Etats membres s'étaient mobilisés, courant 2009, pour contrer sa
proposition de lever la clause de sauvegarde mise en place en Autriche et en
Hongrie contre la culture du MON 810. Six pays, dont la France et
l'Allemagne, ont interdit la culture de cette variété produite par la firme
Monsanto, et onze Etats ont demandé à pouvoir interdire les cultures
transgéniques sur leur territoire. Habilitée à trancher en dernier ressort,
la Commission Barroso II justifie son choix en s'appuyant sur les avis de
l'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), selon laquelle les
variétés concernées ne posent aucun problème pour la santé. Par cette
décision, le président de la Commission, José Manuel Barroso, cherche à
avancer sur un dossier qui lui a valu des déboires sérieux lors de son
premier mandat.

M. Barroso entend profiter du début de son second mandat pour passer outre
la paralysie des procédures. "Il devrait être possible de combiner un
système d'autorisation communautaire (…) avec la liberté pour les Etats
membres de décider s'ils veulent ou non cultiver des OGM", écrivait-il au
moment de sa reconduction. Il cherche à mettre en œuvre cette politique, par
l'intermédiaire du nouveau commissaire à la santé et à la protection des
consommateurs, John Dalli. La gestion du dossier a été retirée à la
direction générale de l'environnement, pour être confiée à celle de la
santé, après le départ de Stavros Dimas, l'ancien commissaire à
l'environnement, opposé à la culture des OGM.

MÉPRIS DES CITOYENS

La décision de la Commission est fragilisée par le fait que l'indépendance
de l'AESA est mise en cause : comme l'a révélé en janvier l'association
Corporate Europe Observatory, la directrice du groupe OGM de l'agence, Suzy
Reckens, a quitté celle-ci début 2008 pour rejoindre la firme Syngenta, qui
produit des OGM. Mme Reckens avait eu à valider des produits que la
Commission veut autoriser.
Pour Corinne Lepage, députée européenne, "la Commission envoie un signal
détestable aux citoyens européens: alors qu'il y a une défiance croissante à
l'égard des OGM, elle leur dit qu'elle méprise leur avis". Mme Lepage
demande aussi que des études sur l'impact sanitaire des OGM soient "menées
par des organismes publics, et de manière transparente, ce qui n'a pas été
le cas depuis dix ans".
Hervé Kempf et Philippe Ricard


LE MONDE | 03.03.10
| 12h00  •  Mis à jour le 03.03.10 | 12h03
Bruxelles, envoyés spéciaux

a reprise des cultures transgéniques en Europe ne devrait pas se dérouler aisément. L'autorisation d'une pomme de terre transgénique, mardi 2 mars, par la Commisson européenne, a suscité de vives réactions.

La firme allemande BASF, qui a mis au point cette variété, s'est réjouie de la décision, tandis que l'organisation des industriels des biotechnologies agricoles, Europabio, s'est déclarée "encouragée par cette approche fondée sur la réglementation". Europabio souligne que dix-sept OGM (organismes génétiquement modifiés) sont actuellement en cours de procédure d'autorisation.

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L'Allemagne, la Suède, la République tchèque et les Pays-Bas devraient commencer à cultiver cet OGM (organisme génétiquement modifié) au printemps. L'Italie et l'Autriche ont en revanche immédiatement annoncé leur intention d'interdire sa culture.

Le gouvernement français, qui a, comme six autres pays européens, suspendu sine die la culture du maïs Mon 810 (autorisé par l'Europe en 1998), a indiqué par un communiqué du ministère de l'Ecologie qu'il "allait saisir le Haut conseil des biotechnologies (HCB), notamment sur la présence dans cette pomme de terre d'un gène de résistance à un antibiotique." Le 1er mars, le Fonds stratégique d'investissement français a annoncé l'injection de 150 millions d'euros dans la coopérative Limagrain, qui développe des OGM.

Les organisations écologistes (Greenpeace, Friends of the Earth, France nature environnement) ont de leur côté vivement critiqué la décision de Bruxelles. Quant aux députés Verts européens, ils stigmatisent "l'incapacité des commissaires à prendre en compte les points de vue clairement exprimés par un nombre important des Etats membres ainsi que par une large majorité des citoyens européens."

L'annonce a été faite par le commissaire européen à la santé et à la protection des consommateurs, John Dalli. C'est la première fois depuis douze ans que l'Union européenne délivre une telle autorisation. Dénommée Amflora, cette pomme de terre a été génétiquement modifiée afin d'augmenter son contenu en un composant chimique de l'amidon, l'amylopectine, dans le but de satisfaire des usages dans l'industrie du papier.

La validité scientifique de la décision suscite de vives interrogations. La pomme de terre Amflora contient en effet un gène de résistance aux antibiotiques kanamycine et neomycine. Or, la directive européenne sur les OGM 2001-18 prévoyait (son article4-2) "l'élimination" de tels marqueurs, pour éviter l'éventuelle émergence de bactéries résistantes.

INDÉPENDANCE

L'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), sur les avis de laquelle la Commission se repose, a cependant jugé que ce marqueur ne posait pas de problème. Pourtant, deux avis de l'Organisation mondiale de la santé, en février 2005, et de l'Agence européenne des médicaments (EMEA), en février 2007, ont estimé que les antibiotiques concernés avaient un caractère thérapeutique notable. La position de l'AESA n'apparaît donc pas totalement convaincante. Pour Greenpeace, l'acceptation d'un OGM doté d'un marqueur de résistance aux antibiotiques est "incohérent".

L'indépendance de l'AESA est, d'autre part, sujet à controverse depuis que l'Observatoire européen des multinationales (CEO) a révélé en janvier que la coordinatrice scientifique du groupe d'experts sur les OGM de l'AESA, Suzy Renckens, avait été embauchée en 2008 par le groupe Syngenta, qui produit des OGM : la société espère notamment que son maïs Bt 11 sera prochainement autorisé.

Les critiques à l'égard de l'agence européenne ont été relayées par les Etats membres : le 4 décembre 2008, le conseil des ministres européens de l'environnement avait adopté à l'unanimité des conclusions demandant d'"améliorer" le système d'expertise communautaire et "une évaluation détaillée des effets à long terme sur l'environnement" des OGM. Mais depuis cette réunion, peu de changements ont été apportés. Selon des fonctionnaires européens, "la réforme de l'ASEA n'est pas à l'ordre du jour".

En fait, plutôt que de renouveler la méthode d'expertise, la Commission préfère assouplir le processus d'autorisation. D'ores et déjà, a indiqué John Dalli, "chaque Etat est libre d'autoriser ou non la culture de cet OGM". D'ici à l'été, des réflexions seront menées au sein de la Commission de façon à donner plus de souplesse aux Etats membres pour appliquer, ou pas, sur leur territoire, les autorisations accordées au niveau européen. Il s'agit d'élargir leur marge de manœuvre, soit dans le cadre de la législation existante, soit en refondant les lois européennes.


Hervé Kempf et Philippe Ricard


Communiqué de presse BASF
Jean-Marc Petat
Tél. : 04 72 32 45 50
Mobile : 06 74 35 23 15
La Commission Européenne autorise Amflora,
jean-marc.petat@basf.com
la pomme de terre issue des biotechnologies
végétales
Comme annoncé depuis plusieurs années, BASF n’a pas prévu
de proposer Amflora aux industriels français.
Levallois-Perret, le 2 mars 2010 – Aujourd'hui, la Commission
européenne a autorisé la culture d’Amflora, pomme de terre
proposée par BASF. Celle-ci a un usage strictement industriel pour
la production d'amidon. Elle n’est pas destinée à l’alimentation.
Cette autorisation fait suite à 13 ans de processus réglementaire et
d’expertise.
L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé à
plusieurs reprises, ces dernières années, qu’Amflora offre toutes les
garanties. Elle est sans danger pour la santé humaine, les animaux
et l'environnement. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des
Aliments (AFSSA) a émis un avis favorable dès 2005.
Amflora offre des solutions industrielles prometteuses grâce à son
amidon purifié. Elle est destinée aux pays qui sont d’ores et déjà
prêts à l’utiliser. Parmi eux, la Suède, les Pays-Bas, la République
Tchèque, l’Allemagne. BASF n’a pas prévu, à ce jour, de la proposer
aux industriels français et souhaite tenir compte des particularités et
BASF en France
Direction de la Communication
des demandes de chaque pays.
49, avenue Georges Pompidou
F-92593 Levallois Cedex
Tél : 01 49 64 50 00
Mail : point.infos@basf.com
http://www.basf.fr
Page 2
P
L’élaboration d’Amflora trouve son origine dans l'industrie de l'amidon.
Celle-ci est sans cesse à la recherche de moyens pour améliorer la
production de fécule pour les usages industriels. Les pommes de terre
produisent deux types d'amidon. Pour de nombreuses applications,
comme pour le papier, les industries du textile et les adhésifs, une
seule des composantes de l'amidon est nécessaire : l'amylopectine.
Grâce à la biotechnologie végétale, une solution a été trouvée pour
éliminer l’amylose indésirable. L’amidon d’Amflora rend le papier plus
brillant, le béton et les adhésifs plus résistants dans le temps. Les
bénéfices
environnementaux sont également importants avec des
économies d'eau et d'énergie puisque les deux composants de l'amidon
ne doivent plus être séparés chimiquement avant le traitement.


Communiqué du collectif des Faucheurs Volontaire d'OGM
De la PÂTE à PAPIER dans les FRITES !


L’aveuglement et l’ignorance de la Commission Barroso devant les
conséquences environnementales de semis en plein champ de pommes de terres
génétiquement modifiées à usage industriel n’ont d’égales que sa surdité à l’égard
des consommateurs et des gouvernements : ils ne savent pas que les pommes de
terres repoussent inévitablement d’une année sur l’autre avec, pour conséquence, soit
une pollution des pommes de terre de consommation, soit un recours massif aux
désherbants.
Le collectif des Faucheurs Volontaire d'OGM demande au gouvernement de prendre
rapidement un moratoire concernant la mise en culture de la pomme de terre transgénique
de BASF; son autorisation irait à l'encontre des engagements pris lors du grenelle de
l'environnement.
Les citoyens Français en grande majorité ne veulent pas d’OGM ; les faucheurs
espèrent ne pas devoir retourner dans les champs cette année pour déterrer cette pomme
de terre transgénique.
L'Autriche et l'Italie se sont déjà prononcées contre cette autorisation ; nous attendons
de la France une décision de même nature
Le Salon de l’Agriculture sera l’occasion de faire le point avec la presse sur ce sujet :
Samedi 6 mars à 14 heures
au stand de la Confédération Paysanne Hall 3, allée E, stand 81


fv salon



http://www.liberation.fr/terre/0101623080-mariage-anti-ogm-au-salon-de-l-agriculture
Mariage anti-OGM au salon de l'agriculture



LAURA THOUNY

Un membre des Faucheurs volontaires le 6 mars 

jean-marie_salon.jpg

au salon de l'agriculture (AFP PHOTO BERTRAND LANGLOIS)

«Monsieur l'expert européen, voulez-vous prendre pour épouse l'agroindustrie ici présente?» La scène fait son petit effet samedi après-midi au Salon de l'agriculture. Cette curieuse union est mise en scène par les membres du Collectif des Faucheurs Volontaires d'OGM, qui entendent dénoncer le manque d'indépendance des experts de Bruxelles.

Devant une foule de visiteurs  intrigués, on voit donc l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), incarnée par un scientifique couronné de dollars, convoler avec la compagnie industrielle BASF. Dans les bras de la jeune mariée, leur nouveau-né : la fameuse pomme de terre OGM Amflora, autorisée par la Commission la semaine dernière.

Pour les Faucheurs volontaires, c'est clair: «Les autorisations données en matière d'OGM par la commission européenne avec la complicité de l'EFSA»  ne peuvent l'être «qu'en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes». A l'origine de ces soupçons, notamment: le récent cas de Suzy Renckens, ancienne de l'EFSA chargée du dossier OGM, qui a quitté l'agence pour être embauchée par un semencier.

«Qui veut des patates OGM?» s'écrie la «BASF», aussitôt la noce dite. Au son enjoué d'une fanfare aux accents reggae, les mariés, suivis d'une cinquantaine d'anti-OGM, défilent alors dans le Salon, et distribuent leurs tracts à tout-va. Les visiteurs semblent plutôt réceptifs à ces drôles de zouaves. «On veut savoir ce qu'il y a dans notre assiette!» déclare un passant: «On est avec vous!» s'écrie un autre. L'affaire de la patate OGM a porté ses fruits pour les pourfendeurs du transgénique. Une jeune faucheuse confirme: «C'est pas que ça tombe bien, mais bon...»


BASF: 2 autres pommes de terre OGM

AFP
04/03/2010

Le groupe allemand BASF souhaite lancer d'ici 2011 deux autres pommes de terres OGM, dont une destinée à l'alimentation humaine, après avoir obtenu un feu vert européen à sa pomme de terre Amflora.

"Nous travaillons à d'autres produits, dont une pomme de terre résistante au mildiou", une forme de pourriture responsable notamment de la grande famine irlandaise du XIXè siècle, a indiqué vendredi une porte-parole à l'AFP.

Cette pomme de terre, baptisée Fortuna et destinée à l'alimentation humaine, est basée sur une variété européenne, et contient des gènes d'une pomme de terre sud-américaine, qui lui permettent de résister à cette maladie.

BASF, numéro un mondial de la chimie, a également un projet de pomme de terre pour l'industrie, qui pourrait succéder à l'Amflora, pour laquelle la Commission européenne a donné mardi son feu vert, et destinée comme elle à la production industrielle d'amidon.

Le groupe compte "constituer un dossier (pour chacune de ces pommes de terre)" et demander leur autorisation "en 2010 ou en 2011" en Europe.

 

 





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